Bannir le gluten pour prévenir et soigner la dépression…

Ce papier n’a pas pour objectif de tirer sur l’ambulance et s’aligner sur les discours alarmistes qui attribuent la paternité de toutes les pathologies allergiques et idiopathiques au grand méchant gluten. Plutôt que de tergiverser sur les nombreux méfaits physiques de cette fraction protéique qui fait désormais le tour des plateaux de télévision, nous vous proposons aujourd’hui de considérer la chose sous l’angle de la santé mentale, et de passer en revue les bienfaits d’un régime sans gluten sur le traitement et la prévention de la dépression. C’est parti…

10% de la population française…

Quel point commun partagent Novak Djokovic, Lady Gaga, Manuel Valls et 10% de la population française ? Ils souffrent tous d’une intolérance au gluten, qui de surcroît est souvent non diagnostiquée. Cette pathologique que l’on appelle désormais officiellement « la maladie cœliaque » touche 600 000 personnes en France, alors que l’hypersensibilité au gluten touche près de 6 millions de personnes, soit 10% de la population. « Recettes de cuisine sans gluten », « comment manger sans gluten et sans lactose », « où trouver les produits sans gluten », « liste des aliments sans gluten »… les requêtes à propos de l’alimentation sans gluten ont littéralement explosé depuis quelques années, boostées par l’engouement des peoples mais aussi de la communauté médicale. C’est donc tout naturellement que des produits sans gluten comme le quinoa, le tofu ou fromage de soja chinois, le sarrasin, les pois chiche, le soya, le Kamut, les pommes de terre, le lait d’amande (sans gluten et sans lactose), le millet, le chocolat sans gluten, la châtaigne, la farine de noix de coco ou encore les galettes de riz ou les pâtisseries gluten-free de chez GreenBerry se sont soudainement mués en best-sellers alimentaires dans les pays développés.

Intolérance au gluten ou au lactose : des symptômes généralistes qui compliquent le diagnostic

Le gluten est une protéine qui permet à la farine d’être panifiable. On la retrouve donc dans le blé, le seigle, l’orge, l’épeautre et l’avoine, entre autres. En réalité, le gluten est sollicité en tant qu’adjuvant dans tellement de produits que la maladie devient très vite difficile à gérer. Contrairement à ce qui est régulièrement véhiculé dans les médias, le gluten est surtout une source d’intolérance alimentaire, rarement une allergie. L’intolérance au gluten présente des symptômes généralistes comparables à ceux de l’intolérance au lactose, compliquant ainsi le diagnostic :

  • Problèmes de peau de type éruption cutanée, urticaire ou démangeaisons ;
  • Légers ballonnements, gêne intestinale, irritation de l’intestin grêle, digestion laborieuse,
  • Constipation, diarrhée, hémorragies intestinales ;
  • Ulcères buccaux ;
  • Perte de poids ;
  • Ostéoporose, douleurs articulaires ;
  • Anémie ;
  • Retard de croissance chez les enfants
  • Dépression, autisme, troubles de l’attention et du comportement, fatigue chronique ;
  • On suspecte également les produits contenant du gluten de favoriser l’apparition d’une maladie auto-immune et d’aggraver le diabète, le syndrome du côlon irritable (SCI) et l’inflammation chronique de l’intestin et du côlon.

C’est précisément sur ces derniers troubles affectifs et mentaux que nous allons nous arrêter.

Le gluten entraînerait la dépression chez les personnes atteintes du SCI

Eliminer progressivement les céréales contenant du gluten pour les remplacer par des céréales gluten-free ne s’accompagnera pas seulement d’une atténuation de vos troubles digestifs. En effet, une étude australienne parue dans le journal scientifique AlimentaryPharmacology and Therapeutics a démontré que le gluten n’était pas étranger à l’apparition soudaine de certaines formes de dépressions chez les patients souffrant du syndrome du côlon irritable. En effet, les patients ayant ingéré de petites quantités de gluten ont présenté des scores de dépression plus élevés par rapport au placebo, avec toutefois la persistance des troubles gastro-intestinaux. Selon les auteurs de l’étude, l’amélioration perçue par les patients qui suivent un régime sans gluten est surtout due à l’effet antidépresseur du sans-gluten. Pour expliquer ces observations, les chercheurs supposent que le gluten qui n’est pas digéré correctement dans l’intestin se retrouve dans le sang, puis au niveau du cerveau dont il perturbe le fonctionnement normal. Il semblerait toutefois que le gluten n’entraîne pas de troubles affectifs particuliers chez les personnes atteintes de la maladie cœliaque. Une conclusion étonnante qui reste à ce jour sans explication.

Pour plus d’informations sur l’impact du gluten sur la santé mentale, rendez-vous sur le site de l’Association Française des Intolérants au Gluten (AFDIAG) qui propose des pistes de réflexion objectives sur l’impact du gluten sur l’autisme et les troubles du comportement. Retrouvez également une liste objective des aliments contenant du gluten et des alternatives non contraignantes qui s’offrent à vous pour une alimentation saine à base de recettes sans gluten faciles à préparer.

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