La lettre électronique du Service de la Santé Publique et des Handicapés - Ville de Marseille - n° 4 - Décembre 2011
« Les cadres des politiques publiques en santé mentale et psychiatrie sont en pleine gestation. Nous attendons tous désormais la parution d'un nouveau plan. A ce jour, l'ensemble des annonces et des travaux préalables à celui-ci semblent converger vers une question essentielle : « La continuité des soins et de l'accompagnement des personnes souffrant de troubles psychiques dans la cité ».
C'est ce même objectif que poursuit l'ARS PACA au travers du projet de SROS soumis à consultation.
Nous ne pouvons que nous féliciter de la mise en évidence de cette orientation et de la volonté d'apporter des réponses à partir des nouveaux cadres des politiques publiques. Une part du chemin a été accomplie.
Il convient cependant encore et toujours que les acteurs locaux, riches de leurs expériences de proximité et de leurs connaissances, restent à la fois mobilisés et force de propositions pour une déclinaison de ces orientations au plus près des besoins des personnes qui souffrent de troubles psychiques à Marseille »
Dr Françoise Gaunet Escarras - Adjointe au Maire – Déléguée à la Santé, l'Hygiène et la Prévention des risques sanitaires chez l'adolescent.
Depuis mars 2009, afin de donner une meilleure visibilité et lisibilité de la démarche en santé mentale engagée par la Ville de Marseille avec ses partenaires, la lettre électronique « Marseille et Santé mentale » est publiée à raison de deux numéros par an.
Nous avons d'abord voulu que la lettre soit attractive et facile à lire et qu'elle propose aussi des informations, une documentation qui dépasse la seule activité marseillaise dans le domaine.
La lettre est désormais reçue par plus de 700 personnes: Partenaires du COSM, Elus et Directions de la Ville de Marseille, associations et organismes nationaux mobilisés sur le même thème...
Au terme de sa cinquième publication, nous avons souhaité que cet outil soit désormais mis à disposition du COSM et ses partenaires de façon plus interactive.
Nous avons donc d’abord sollicité des professionnels locaux qui ont répondu présents pour constituer un petit groupe de travail qui définira le contenu de chacun des numéros sur le modèle suivant: « des politiques en construction », un dossier de politique générale dans le domaine de la psychiatrie et la santé mentale - « En action », un dossier centré sur les projets locaux - « en discussion »,une rubrique de thèmes et questions d'actualité mis en débats - une rubrique sur les publications récentes et enfin une rubrique sur les manifestations à venir.
Puis le choix a été fait d'interpeller des partenaires afin qu'ils viennent alimenter en articles, en documents, en points de vue ce numéro.
Nous les remercions tous pour leur contribution.
En ce qui nous concerne, nous prenons une fois de plus le pari de la dynamique, de l'échange d'expériences et d'informations, de l'ouverture de débats, du croisement de regards. Nous choisissons le pari de la construction dans la diversité et la pluralité. Cet exercice n'est pas toujours le plus aisé, ni le plus rapide mais la complexité des questions que nous avons à partager dans le domaine de la santé mentale l'exige. Nous restons convaincus que c'est le rôle d'une Ville que d’y contribuer.
Nous ne manquerons pas de vous solliciter, sachez aussi nous interpeller…
L’Agence Régionale de Santé PACA et ses partenaires ont engagé une démarche de travail visant à améliorer la prise en charge des patients autour de la construction d'un Schéma Organisation des soins psychiatriques en Paca
Le ministère de la Santé a proposé pour avis au comité d’orientation du plan Santé mentale 2011-2015 un document de travail. Celui-ci dégage quatre grands axes stratégiques qui visent à « à prévenir et réduire les ruptures » : au cours de la vie du malade, au niveau de l’offre de soins de proximité, au sein des modes d’exercice et de « l’environnement sociétal » de la psychiatrie.
www.lequotidiendumedecin.fr/information/…
Le plan 2005-2008 a fait l’objet, au fil de sa mise en œuvre de discussions et de débat entre les organisations de professionnels et d’usagers. Sur le site du ministère, le texte intégral du plan initial ainsi que des bilans intermédiaires étaient déjà disponibles (www.sante.gouv.fr/le-plan-psychiatrie-et-sante-mentale.html).
Le rapport d’évaluation du haut conseil de la santé publique (publié en octobre 2011), marque une étape importante de cette phase d’évaluation. En effet, ses préconisations et ses conclusions interviennent en pleine période de passage, d’une part entre la loi de 90 et la nouvelle loi 2011 et d’autre part, entre la fin de l’ancien plan et la mise en œuvre par les ARS des nouveaux plans liés aux volets « santé mentale » des différents schémas d’organisation des soins.
C’est pourquoi, même si elles sont « nuancées » il nous a paru important de faire un focus sur les conclusions et recommandations du HCSP dans ce numéro de la lettre électronique.
L’évaluation du plan par le HCSP est publiée sous la forme de 3 documents, dont la lecture permet de relever les points positifs et négatifs de la mise en œuvre du plan 2005-2008 :
Parmi les points positifs, Le rapport insiste au niveau des généralités sur la pertinence des objectifs, leur adéquation avec les enjeux de santé publique. Il note que le plan a représenté un bon outil de mobilisation et qu’il était en cohérence avec le contexte législatif. En revanche il souligne que le nouveau contexte lié à la loi HPST oblige « à revoir complètement la conception d’un futur plan au niveau national ». Parmi les points négatifs, les faiblesses et les lacunes, le rapport affirme que « le Plan n'a pas eu d’impact sur le rôle des médecins généralistes, que la question du logement reste « le point noir » du Plan, que le bilan des mesures de prévention concernant les enfants et les adolescents est décevant.
Mais une inquiétude encore plus grande concerne « la continuité des soins ». Cette inquiétude transparait clairement dans la rédaction des conclusions évaluatives du deuxième document du HCSP qui couvre l’analyse des parcours de soins et les prises en charge au travers d’enquêtes de terrain. Le rapport constate que sur cette question, le plan n’était pas en phase avec les attentes des professionnels sur le terrain. En particulier, le rapport souligne que la diminution des durées d’hospitalisation complète en « amont » n’a pas trouvé de moyen grâce au plan de mieux se coordonner avec les dispositifs de prise en charge en « aval », au contraire ! La question de la faiblesse voire l’absence d’hébergement et de logement venant amplifier l’impasse du devenir du patient après l’Hôpital.
La Ville de Marseille et de nombreux acteurs locaux ont été sollicités dans le cadre de ce processus évaluatif.
Texte intégral du rapport (document principal)
Le 28 juin 2011, la Ville de Marseille et ses partenaires ont été entendu dans le cadre du déplacement à Marseille de l'équipe en charge de la mission d'évaluation de la prise en charge du handicap psychique effectuée par l'IGAS. La mission d'évaluation était centrée sur une première analyse de l'adéquation entre l'offre de soins et de prise en charge sociale et médico-sociale et les besoins des malades mentaux, handicapés psychiques.
Il s'agissait aussi d'évaluer les difficultés et les avancées dans la collaboration entre le secteur sanitaire psychiatrique et le secteur médico-social, mais aussi le secteur social de droit commun pour une prise en charge des personnes handicapées psychiques.
Programme de la journée de travail à Marseille
Le rapport issu de cette évaluation est paru en aout 2011, il vient soutenir
de nombreux points sensibles mis en avant aussi par les travaux d'évaluation du Plan psychiatrie psychiatrie et santé mentale 2005/2008.
La prise en charge du handicap psychique, Fadela Amara, Danièle Jourdain-Menninger, Myriam Mesclon-Ravaud (et al.) – Paris : IGAS, 2011/08, 255 p.
Lorsque l'on évoque la question de l'insertion des personnes en situation de handicap psychique dans la cité, le logement est, sans conteste, le problème majeur que rencontrent, à des degrés divers, patients, familles et professionnels des champs sanitaire et social.
En tout premier lieu, nous pouvons dire que la naissance de cette problématique s'articule aux évolutions de la psychiatrie publique et plus particulièrement à l’évolution des prises en charge. La sortie du modèle asilaire depuis plusieurs décennies maintenant et l’évolution des thérapeutiques soutiennent l’idée que les patients stabilisés restent moins longtemps à l'hôpital et réintègrent la vie sociale.
Cette politique répond à la volonté de rapprocher le soin du milieu de vie et de réintégrer les personnes malades dans la cité. Cependant si elle ouvre de nouvelles perspectives aux personnes malades, elle les confronte également aux barrières sociales : stigmatisation, méconnaissance, crainte, souffrance, rupture du lien social, isolement, retrait social, difficultés relationnelles, incapacité à se débrouiller seuls, impossibilité d’obtenir puis garder un logement...
Des projets expérimentaux développés à Marseille ou ailleurs viennent démonter ici que des solutions existent....
Dans le cadre des mesures développées grâce au concours des crédits spécifiques délégués au titre du plan de relance de l’économie, en 2008, la DDASS des Bouches-du-Rhône (aujourd’hui ce dispositif est géré par la DDJSCS) est à l’initiative de la mise en place d’un dispositif d’intermédiation locative qui cible les populations concernées par la loi DALO.
Une association, l'ADRIM, et un groupement de coopération sociale, GALILE, assurent la mise en œuvre du projet à savoir la captation de logements dans le parc privé marseillais, la location/sous location du logement et le mandat de gestion.
Aujourd’hui, au sein de ce dispositif est développé un projet expérimental d'intermédiation locative au bénéfice des personnes en situation de handicap psychique, de précarité économique et sociale, qui se retrouvent en marge des mesures d'accès au logement même social fonctionne. Il cible dans cette phase exploratoire les 1er, 2ème et 3ème arrondissements de la Ville de Marseille.
Housing first « Loger d'abord et revoir les conditions de l'urgence et de la réinsertion. » Tel est l'un des axes proposés par le rapport sur « La santé des sans chez soi » remis, le 8 janvier, à Roselyne Bachelot. Son auteur, le psychiatre Vincent Girard, la ministre de la Santé et Benoist Apparu, secrétaire d'État chargé du Logement, ont alors décidé d'expérimenter le principe du « housing first »ou « chez soi d'abord ». Cette démarche consiste à « donner un accès immédiat et un logement permanent aux personnes sans-abri durablement à la rue et présentant des troubles mentaux, sans préalable ni exigence quant à leur sobriété ou à leur consommation de substances. » Une équipe pluridisciplinaire assure un suivi adapté aux besoins de chaque personne.
L'expérimentation en cours englobe notamment Marseille
Lieu sécurisant et inconditionnel pour des personnes sans abri.Le Hameau est un projet innovant qui s'appuie sur un stratégie inspirée des approches d’empowerment social » Fondation Armée du Salut - Résidence William Booth - projet Hameau -
Projet expérimental "Le Hameau"
Réseau Habiter ensemble : Précurseur dans la prise en compte des questions d'accès au logement pour les personnes souffrant de troubles psychiques, le Réseau Habiter ensemble (RHE) est né d'un secteur de psychiatrie, au CMP de la Belle de Mai, dirigé par le Docteur Dolorès-Lina TORRES Psychiatre Chef de Service. Présentation par Maïté Arthur ; membre du RHE.
A Rennes, une résidence pour personnes atteintes de handicap psychique : La résidence « ti annez » a ouvert ses portes en octobre 2010. C’est une résidence sociale semi collective gérée par une association (Alfadi) qui offre un toit sans limitation de durée à un public issu pour moitié du centre pénitentiaire de la ville et pour moitié d’un service spécialisé du Centre Hospitalier.
Lire l’article d’Audrey Guiller (ASH N° 2734 du 25 novembre 2011.
Valérie Léger, psychologue clinicienne, chargée d’étude dans une société de HLM en Bretagne, décrypte les différents modes d’habiter ensemble et en déduit une sorte de boite à outil de situations où les réponses très pragmatiques et dites « bricolée » dans un sens positif, ne sont pas forcément généralisables.
Article paru dans Rhizome n° 29 page 28-33(30-35)
Bibliographie sélective sur les thèmes croisés de l’accès au logement et santé mentale
La promulgation de la loi portant réforme de loi d’hospitalisation sous contrainte de 1990, et la parution récente des décrets, ont suscité de nombreux débats.
Avant de laisser la parole aux acteurs locaux, il nous a semblé intéressant de mettre à votre disposition un Panorama de presse / sélection d’articles et dossiers portant sur la réforme de la loi de 1990
Une Bibliographie sélective sur le thème de « La recherche du consentement au soin »
Le Dr Alain ABRIEU, psychiatre chef de service au CHS Edouard Toulouse à Marseille décrypte la nouvelle loi, en application depuis le 1er Août 2011 : les nouveautés, la nouvelle place du juge des libertés dans le dispositif d’hospitalisation sans consentement. Mais il souligne également l’impact du contexte sécuritaire dans la rédaction de la loi. Les reflets de ce contexte étant une méfiance vis-à-vis des patients et une méfiance vis-à-vis des équipes soignantes.
Texte de la contribution du Le Dr Alain ABRIEU
Maïté ARTHUR, Présidente de l'Union nationale GEM-France regrette que la modification de la loi de 90 tant attendue n’ait pas tenu compte des propositions faites par les syndicats, organisations de professionnels et d’usagers.
Texte de la contribution de Maïté ARTHUR
Les professeurs Jean Naudin et Christophe Lançon et le Dr Bouloudnine soutiennent quant à eux que la loi constitue une première ouverture vers un changement qui était souhaité.
Texte de la contribution de Jean Naudin - Professeur de psychiatrie à l'Université de la Méditerranée et Chef de service au CHU Sainte-Marguerite, Christophe Lançon -Professeur de psychiatrie à l'Université de la Méditerranée et Chef de service au CHU Sainte-Marguerite et Samuel Bouloudnine Praticien hospitalier au CHU de Ste Marguerite-responsable de l’équipe ULICE.
Accès au texte intégral du rapport de l’IGAS
Le Dr Dolores Lina Torres, Psychiatre au CHS Edouard Toulouse à Marseille, présidente de l’association Arpsydemio témoigne de la perplexité dans laquelle ce rapport a plongé l’ensemble de la profession et les acteurs de terrain. Selon le Dr Dolores Lina Torres, le rapport procède d’une vision catastrophiste, d’une méconnaissance de la clinique psychiatrique et qui véhicule des représentations sociales négatives de la maladie mentale principalement basées sur la notion de dangerosité ».
Un point de vue sur le rapport de l'IGAS "Analyse d’accidents en psychiatrie et propositions pour les éviter "
Vient de paraître aux éditions ERES « la rue des précaires – soins psychiques et précarités « de Jean Pierre Martin. Le Dr Martin présentera son ouvrage le 13 mars 2012 à Marseille durant la SISM
Journée nationale de formation entre partenaires du social et de la psychiatrie proposée par le Réseau Régional d’Appui en santé mentale et le GHH sous le patronage du Secrétariat d’Etat chargé de la Santé.
12-18 mars 2012 - 23e Semaine d’information sur la santé mentale La Semaine d’Information sur la Santé Mentale (SISM) s’adresse au grand public. Chaque année, associations, citoyens et professionnels organisent des manifestations d’information et de réflexion dans toute la France.
La 23e SISM aura pour thème : « Culture, société et santé mentale ».
la SISM à Marseille - Des manifestations sont programmées du 12 mars 2012 au 23 mars 2012.
6 janvier 2012 – L'association Elus Santé Publique et Territoire et le CCOMS co-organisent une journée nationale sur les Conseils Locaux en Santé Mentale le 6 janvier 2012 à l'Hôtel de ville de Paris.
Le colloque SAMENTA 2011 s’est tenu le 21 octobre 2011.
Les actes sont en ligne sous forme de fichiers audio interventions et PowerPoint) sur le site internet de l’observatoire du SAMU social de Paris.
Contacts : Mylène Frappas- Chargée de Mission – Service de la Santé Publique et des Handicapés
Courriel : mfrappas@mairie-marseille.fr
Site Internet : www.marseille-sante-mentale.org
Assistance à la Rédaction de la lettre : CRES PACA et l'agence 1 égal 2
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