Bien utilisés, les réseaux sociaux pourraient être bons pour notre santé mentale

Grâce à des données récoltées en 2015 et en 2016, Keith N. Hampton a pu publier dans le Journal of Computer-Mediated Communication une étude qu’il a menée sur les conséquences des réseaux sociaux sur la santé mentale. Ses résultats vont ainsi à l’opposé de beaucoup d’autres avis scientifiques sur la question : les réseaux sociaux diminueraient les risques de dépression et d’anxiété chez les adultes.

Un moyen de rester en contact avec ses proches

En fait, l’étude révèle davantage qu’une bonne utilisation des réseaux sociaux serait bonne pour la santé mentale, plutôt qu’elle ne révèle que les réseaux sociaux seraient objectivement et universellement bons pour la santé mentale. Effectivement, en permettant à n’importe qui de rester en contact avec ses amis et ses proches, les réseaux sociaux tendent à réduire les troubles dépressifs et l’anxiété.

En revanche, les autres usages qui en sont majoritairement faits peuvent être tout à fait délétères. C’est le cas des utilisateurs qui se servent des réseaux sociaux pour suivre la vie mise en scène des plus grandes stars. C’est également le cas pour ceux qui tentent de se construire une image et une communauté sur les réseaux sociaux, quitte à faire des micro crédits pour financer le train de vie que cela implique.

Comment expliquer une telle différence entre cette étude et les autres ?

D’après le scientifique qui a mené l’étude et qui doit désormais en défendre les résultats, une telle différence peut tout à fait s’expliquer par les biais compris dans les autres études. Effectivement, selon lui, les études qui ont toutes prouvé que les réseaux sociaux étaient mauvais pour la santé mentale n’auraient interrogé que des adolescents ou de jeunes adultes.

Il s’agit donc d’un âge plus difficile où la fragilité du psychisme rend la dépression et l’anxiété beaucoup plus répandues. D’ailleurs, en interrogeant des adultes, cette nouvelle étude obtient des résultats très différents. Il y aurait donc des tranches d’âges pendant lesquelles il serait important de surveiller l’usage qui est fait des réseaux sociaux.

Quel impact auront les habitudes des plus jeunes

Cette étude apporte donc un nouvel éclairage sur les réseaux sociaux et leurs conséquences, tout en confirmant qu’ils ne sont qu’un outil. Ils ne sont donc pas à proprement parler néfastes, mais peuvent le devenir s’ils sont mal employés. Cependant, il y a une question à laquelle cette étude ne peut pas répondre : les plus jeunes conserveront-ils leurs habitudes à l’âge adulte ?

Effectivement, les adultes observés pour cette étude ont connu les réseaux sociaux assez tard dans leurs vies et se sont construits sans leur présence. Il est donc normal qu’ils aient pris des habitudes d’utilisation qui ont peu d’impact sur leur santé mentale. Cependant, des enfants qui se construisent au contact de l’anxiété et de la dépression que favorisent les réseaux sociaux à leurs âges arriveront-ils à avoir ce rapport détaché quand ils seront adultes ? Impossible de le savoir pour l’instant.

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